TitaBlogskaïa

Archive for the ‘Uncategorized’ Category

Lingua

In Uncategorized on 10 janvier 2020 at 1:12

Apprendre une langue c’est la tremper dans la musique. J’ai fondu mes rêves et l’anglais en écoutant Bowie, je me suis réveillée un matin bilingue de tout l’United Kingdom. J’ai bu cuba libre de la movida à Valladolid et à Madrid et les dangereuses drogues des années 80 en aimant un Espagnol. Je devine d’être allemande parceque j’en suis. Je chante en italien parcequ’ils ont tout dit. Les arabes m’ont appris l’insulte dans la rue et Habibi. Je reconnais le russe dans robota et pravda et dans les couleurs de Kandisky. Je reconnais aussi tout le silence quand je n’ai plus de mots. Je suis grecque quand je plonge avec toi dans la Méditerranée.

Julia l'encadreuse et l'Amour

In Uncategorized on 10 janvier 2020 at 12:47

En juillet ce sera l’Amour chez Julia. Elle me donnera tout l’espace qu’il faudra pour l’exposer et j’y suis déjà et je le veux. Ce sera l’Amour et rien d’autre et j’ai deux saisons pour le peindre. Je ne me souviens pas très bien de l’effet que ça faisait mais justement, ça ira. Julia a déjà préparé les cadres où enfermer le peu que j’en sais.

Du vin

In Uncategorized on 10 janvier 2020 at 12:38

Combien le vin m’a sauvée. Combien le vin m’a acquise à de nouvelles amitiés. Combien je t’ai laissé m’envahir pour aimer. Et comment tu m’as permise. Tout les alcools sauf toi. Toute couleur sinon tes robes. Tout le goût de tes jambes, de la coulure sur le verre gracieux où je marque le rouge de ma bouche et la graisse de mes doigts malheureux. Tout ce que tu m’as fait chanter dans mes dessins. Tous les matins que tu as plombés dans ma vie.

Ne me frego

In Uncategorized on 10 janvier 2020 at 12:26

Me revient ce goût immodéré pour la chanson italienne qui arrache le coeur. La nostalgie qui monte au ciel, le rimmel qui coule un peu, tout ce que je peux retenir. Dans le chaos de Paris démonté de son métro et du suburbain, je me fais des fesses de reine, à marcher et à prendre autant de temps à rentrer. Maintenant je suis sûre des trottoirs et de tous les endroits où mes amours ont fait une halte. On marche et on rêve de vacances à Amalfi.

Dans ton salon nouveau

In Uncategorized on 10 janvier 2020 at 12:09

Je ne suis pas le centre du monde mais quand même je m’y vois bien. Je n’ai aucune solution pour la société, je n’ai d’avis sur rien sinon sur toi, quand je t’aime je te dis quand tu te défausses. Ca m’a coûté d’être amputée du bras droit qui t’enlaçait et avec lequel j’appelais d’un geste tous les amis qui sont venus boire chez toi. Un bras, un ouvrier peut t’en reposer. Un bras, un psychanalyste à domicile peut te le rendre pour mieux te fouiller. Moi, je ne te verrai plus. Je n’ai rien de toi. Ni image, ni dessin. Pas une lettre, pas un mot pour l’Année. Toi, tu as acquis mes plus belles oeuvres. Je ne me souviens même plus lesquelles.

Du 5 au 13

In Uncategorized on 9 janvier 2020 at 11:51

C’est ailleurs que j’arque. Tout est changé et c’est dans mon quartier aux artères larges. Le quartier le plus moderne de Paris. Paris 13 du pari de l’architecture et de l’art de la ville. On refait des façades sinistres des propositions d’art brut, des audaces, des faces de chat, des combats de couleurs, des marionnettes, une Marianne qui rappelle la République, Prévert gravé dans le mur du bout de la rue du Chateau des Rentiers. Paris 13. Etrange. Paris 13 desserts. Paris 13 Or. Paris 13 où j’ai tout.

La chair et le temps

In Uncategorized on 6 janvier 2020 at 1:41

L’heure de la rentrée avance et je n’ai pas fini de rédiger mon devoir. J’ai meilleure mine mais tu seras toujours pour moi perdue. Cette trève m’aura suspendue sans m’indiquer où me reposer. Où ? Je n’aime pas les vacances qui sont toujours à combler. Je n’en sais pas plus qu’avant la trêve et tout est comme quand j’avais le goût de ce bonbon. Je suis si désolée d’avoir mal bû, d’être sortie de mon lit, d’avoir dévalé la Montagne Sainte Geneviève pour vouloir périr aux abords de la Seine. Je suis si mal en points de ma cicatrice qui n’en finit pas de se résoudre. Cette fille qui a foutu un coup de pied dans ses fils reporte ma guérison et toute joie de ma chair.

Changer d'air

In Uncategorized on 6 janvier 2020 at 1:06

Il suffit de partir quelque temps pour envisager qui me manque. Le long de ce rivage qui n’est ni le mien ni familier et où je ne n’ai rien trouvé sinon sa beauté, sinon de prendre son bol d’air. Rien ne fera. Et le changement détraque mon ventre et mes marques, et l’envie de dessiner, je ne peux jamais la transposer ailleurs comme on trimballerait sa boite de couleurs pour faire un truc. Changer d’air. Je reviens en courant de l’échappée.

Mano negra

In Uncategorized on 31 décembre 2019 at 1:00

Tout est devenu difficile tout à coup. Jusqu’ici j’avais fait bien, de mon mieux bû, aimé, porté les courses, étendu le linge précieux, passé l’éponge, gagné de l’argent, acheté des éléments, fait des cadeaux, eu une pensée pour toi, écrit une carte que tu aurais gardée. Une succession de scènes puis rideau, une suite d’amours au ciel puis KO, une trainée de limace sur la joue du monde. Tout ça pour ça. L’effort surhumain de ma vie. Ca va revenir de tenir ta main?

La messe est dite

In Uncategorized on 3 décembre 2019 at 1:24

Alors je ne suis plus autorisée à approcher ton café ni l’abreuvoir où sont protégés de petits hommes fats et dispendieux et quelques filles stupides.

Je dois aller vers une autre paroisse alors que j’étais là bien avant que vous ne teniez la vie du quartier. Personne ne m’avait chassée des terrasses de la rue Linné. Personne avant toi, que j’aimais. Jamais je ne t’oublierai, redite communément cruelle.