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While you were sleeping – Elvis Perkins

In Uncategorized on 18 décembre 2012 at 1:06

http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=mjN8kyK14wk

while you were sleeping
the babies grew
the stars shined and the shadows moved
time flew, the phone rang
there was a silence when the kitchen sang
its songs competed like kids for space
we stared for hours in our maker’s face
they gave us picks
said go mine the sun
and go gold and come back when you’re done
while you were sleeping
you tossed, you turned
you rolled your eyes as the world burned
the heavens fell, the earth quaked
i thought you must be, but you weren’t awake
no, you were sleeping
you ignored the sun
you grew your power garden
for your little ones
and you found brides for them on christmas eve
they hung young cain from the adam trees
and danced
while you were sleeping
i tossed and i turned
til i closed my eyes
but the future burned
through the planet turned a hair gray
as i relived the day
while you were sleeping
the money died
machines were harmless and the earth sighed
through the wind you slept sound
and gravity caught my love around
the ocean rose, sang about decay
while witches flew
and the mermaids stayed
full of dreams, you overslept
and keeping with quiet, through the walls i crept
i walked on tiptoe, sent darkness swirling over all the kitchen in the early morning
i’ll never catch up to you
who sleeps so sound
my arms are useless
my heart beats too loud to go to sleep
my mind’s too proud to bow out
while you were sleeping
the time changed
all your things were rearranged
your vampire mirrors face to face
they saw forever out into space
and found you dreaming in black and white
while it rained in all the colors of the night
i watched the tvs
memories
championships
vanished to sea
could it be, my honey between you and me
so i waited for the riddled sky
to be solved again by sunrise
and i’ve made a death suit for life
for my father’s ill widowed wife
did you have that strangest dream before you woke
cos in your gown you had the butterfly stroke
did it escape you like some half told joke?
when you reached for your plume of smoke
it’ll haunt you, my honey bee
anyone who is anyone has that same dream
were you falling
were you flying
and were you calling out
or were you dying
thank god you’re up now
let’s stay that way
else there’ll be no mornings
and no more days
cos when we’re dreaming
our babies grow
the sun shines
and the shadows flow
time flies
the phone rings
there is a silence
and everybody tries to sing

 
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Rainer Maria Rilke – L’expérience de la mort (Todeserfahrung, 1907)

In Uncategorized on 10 décembre 2012 at 9:31

Nous ne savons rien de ce départ qui ne partage rien
Avec nous. Nous ne devons ni haine,
Ni admiration, ni amour à cette mort, rien
Qu’une bouché de masque tragique

Etrangement déformé. Le monde est rempli encore
De rôles que nous jouons.
Tant qu’il nous importe de plaire, la mort
Jouera aussi son jeu même s’il ne plaît point.

Pourtant comme tu marchais, un rayon de réalité
Pénétra sur la scène, à travers cette faille
Par où tu t’en allais : vert d’un vert vrai,
Du vrai soleil, une vraie forêt.

Nous continuons de jouer. Récitant, inquiets,
Des choses apprises avec peine,
Cueillant des visages d’ici, de là ; mais ta présence
Si lointaine, arrachée à notre rôle,

Peut nous surprendre parfois, comme une connaissance
Qui sombre vers nous de cette réalité,
Au point qu’un instant, emportés par l’élan,
Nous jouons la vie, sans penser aux applaudissements.

***

Rainer Maria Rilke (1875-1926)Nouveaux poèmes (Neue Gedichte, 1907)

Rainer Maria Rilke – Ouverture (Eingang, 1899)

In Uncategorized on 10 décembre 2012 at 9:28

Qui que tu sois, le soir sors,
sors de ta chambre où tout est connu ;
ta maison, c’est la dernière avant l’étendue,
qui que tu sois.
Avec tes yeux qui fatigués peinent
à se délivrer de l’usure du seuil,
tu lèves un arbre noir, lentement, à peine,
et le plantes devant le ciel : svelte, seul.
Et tu as fait le monde. Et il est grand,
pareil à un mot qui mûrit encore dans le silence.
Et comme ta volonté comprend son sens,
tes yeux de lui se détachent tendrement…

*

Rainer Maria Rilke (1875-1926)Le Livre d’images (Das Buch der Bilder, 1899)

Antonin Artaud – Lettre du 17 septembre 1945

In Uncategorized on 10 décembre 2012 at 9:14

Les gens sont bêtes. La littérature vidée. Il n’y a plus rien ni personne, l’âme est insane, il n’y a plus d’amour, plus même de haine, tous les corps sont repus, les consciences résignées. Il n’y a même plus l’inquiétude qui a passé dans le vide des os, il n’y a plus qu’une immense satisfaction d’inertes, de boeufs d’âme, de serfs de l’imbécilité qui les opprime et avec laquelle ils ne cessent nuit et jour de copuler, de serfs aussi plats que cette lettre où j’essaie de manifester mon exaspération contre une vie menée par une bande d’insipides qui ont voulu à tous imposer leur haine de la poésie, leur amour de l’ineptie bourgeoise dans un monde intégralement embourgeoisé, avec tous les ronronnements verbaux des soviets, de l’anarchie, du communisme, du socialisme, du radicalisme, des républiques, des monarchies, des églises, des rites, des rationnements, des contingentements, du marché noir, de la résistance.

***

Antonin Artaud (1896-1948)

Jules Supervielle – Ma dernière métamorphose (1959)

In Uncategorized on 10 décembre 2012 at 9:07

J’étais de fort mauvaise humeur, je refusais de me raser et même de me laver. Le soleil et la lune me paraissaient complètement stupides. J’en voulais à mes meilleurs amis, tout autant qu’à Altaïr, à Bételgeuse et à toute la Voie Lactée. Je me voulais ingrat, injuste, cherchant noise à mon prochain, à mon lointain. Pour me prouver mon existence, j’aurais foncé, tête basse sur n’importe quoi.
Pour m’amadouer, on me faisait des offres de service. Je refusais avec indignation de devenir tatou ou même tapir. Je me voulais affreux, répugnant. J’avais absolument besoin d’une corne sur le nez, d’une bouche fendue jusqu’aux oreilles, d’une peau coriace genre crocodile, et pourtant je savais que je ne trouverais aucun apaisement du côté des sauriens. J’avais un besoin urgent de boucliers indurés aux jambes et sur un ventre de mammifère.
Soudain je me sentis comblé. J’étais devenu un rhinocéros et trottais dans la brousse engendrant autour de moi des cactus, des forêts humides, des étangs bourbeux où je me plongeais avec délices. J’avais quitté la France sans m’en apercevoir, et je traversais les steppes de l’Asie Méridionale d’un pas d’hoplite qui aurait eu quatre petites pattes. Moi si vulnérable d’habitude, je pouvais enfin affronter la lutte pour la vie avec de grandes chances de succès. Ma métamorphose me paraissait tout à fait réussie jusqu’en ses profondeurs et tournait au chef-d’oeuvre, lorsque j’entendis distinctement deux vers de Mallarmé dans ma tête dure et cornée. Décidément, tout était à recommencer.

***

Jules Supervielle (1884-1960)Le Corps tragique (1959)

Suicide social

In Uncategorized on 4 décembre 2012 at 3:09

First We Kiss

In Uncategorized on 4 décembre 2012 at 1:29

 

 

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Ne doutez pas de la justesse de vos deux visages

In Uncategorized on 1 décembre 2012 at 11:35

« Bollingen, 20 août 1945 »

« Vous êtes vous-même un contraire, furieux en lui-même et contre lui-même, qui finit par fondre ses substances incomparables, la masculine et la féminine, dans le feu de la souffrance afin de construire ainsi quelque chose de solide et d’immuable – ce qui est le but de la vie. Chacun passe par ce moulin, consciemment ou inconsciemment, de plein gré ou contraint. On est crucifié entre les contraires et on subit un supplice jusqu’à ce que la troisième figure l’emporte. Ne doutez pas de la justesse de vos deux visages et laissez advenir ce qui doit advenir. »

Lettre de C.G. Jung à Olga Kapteyn-Fröbe.